Mes dessins ne sont pas des dessins de presse.
Je parle du quotidien.
Tout est dans le geste, la petite phrase qui révèle notre fragilité, le manque de stabilité. Je tente de cerner les acteurs d’une société en déséquilibre. Je revisite notre quotidien par l’humour et la dérision. L’anecdote annonce le ridicule, et permet différents degrés de lecture, toujours bâtis sur le ton humoristique.
Mes références sont la littérature de l’absurde et le nonsense britannique.
Le dessin reste pour moi la meilleure manière de traduire une idée. Je travaille sur le décalage qui peut se produire entre l’image et
l’idée que l’image véhicule, ce mécanisme intérieur qui se déclenche avec une idée de soudaineté, appuyé par la spontanéité d’exécution.
La frontière entre la fiction et la réalité est perturbée par la ligne, par le trait du dessin qui amène sans cesse la question « Est-ce la
réalité ou une invention, une projection ? »
Et le dessin, exécuté dans l’urgence, prolonge l’ivresse, l’excitation que suscite cette question.
Lucy WATTS